Voici un article paru dans Le Monde le 28 décembre qui traite du rôle majeur des conseils généraux dans l'action sociale et qui présente les difficultés de financement que cela entraine.
Les dépenses d'aides sociales pèsent de plus en plus sur les départements. Conséquence de la continuation du processus de décentralisation depuis 1984, les conseils généraux ont consacré, en 2004, près de 60 % des 36,8 milliards d'euros de leur budget de fonctionnement à ces actions.
Selon une enquête de la direction des études statistiques du ministère de la santé (Drees), publiée mardi 27 décembre, les crédits ont augmenté de 38 % depuis le transfert par l'Etat du versement du RMI et la montée en charge progressive de l'aide sociale aux personnes âgées
En dépenses "nettes", ces montants ont atteint 21,3 milliards d'euros, contre 15,3 milliards en 2003. Depuis 2000, la progression, en euros constants, est de 87 %. Cette forte croissance en 2004 s'explique essentiellement par la reprise, au 1er janvier 2004, de la gestion des allocataires du revenu minimum d'insertion.
Avec 5,4 milliards d'euros, dont 4,7 milliards d'allocations et 700 millions d'euros pour l'aide à l'insertion, le RMI est devenu le premier poste de dépenses d'aides sociales. Elles sont partiellement compensées par l'Etat via le versement issu d'une part de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).
Pour autant, les départements doivent assumer la croissance du nombre d'allocataires, qui a dépassé un million de personnes en 2004.
Selon une autre étude actualisée de la Drees publiée mardi, ce chiffre a augmenté de 2 % de juillet à septembre, soit une hausse de 6 % en un an.
Parmi les principales évolutions des dépenses d'action sociale des départements, l'aide aux personnes âgées totalise 4,6 milliards d'euros (+ 6 %), essentiellement consacrés à la prise en charge dans les établissements et au versement de l'allocation personnalisée d'autonomie (1,2 milliard d'euros pour 911 000 bénéficiaires au 30 septembre), elle aussi compensée en partie par l'Etat.
Si les crédits de l'aide sociale à l'enfance (5 milliards d'euros) sont en légère baisse (- 1 %), ceux consacrés aux personnes handicapées (3,3 milliards d'euros) poursuivent leur progression, de l'ordre de 8 %.
Cet effort correspond à la poursuite des investissements mis en oeuvre par les conseils généraux pour l'accueil des handicapés dans les établissements spécialisés ou dans les familles.
Selon la Drees, la croissance de 38 % des dépenses d'aides sociales enregistrée en 2004 est inégalement répartie sur le territoire. Dans les départements d'outre-mer, les prestations (1,3 milliard d'euros) ont connu un rythme de croissance deux fois et demi plus élevé qu'en métropole, où, dans un quart des départements (dont l'Ain, l'Aveyron, les Deux-Sèvres, l'Eure-et-Loir, le Jura et la Mayenne), les crédits ont connu une hausse modérée de 25 %.
En revanche, ils ont fortement augmenté, au-delà de 42 %, dans les Alpes-de-Hautes-Provence, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne, l'Hérault, la Meurthe-et-Moselle et la Seine-Saint-Denis. Des départements qui, par ailleurs, cumulent le handicap d'un fort taux de chômage.

es départements paient l'ardoise de la décentralisation et elle est très salée. Partout en France, les conseils généraux planchent ces jours-ci sur leurs budgets primitifs. Et, quelle que soit la couleur de l'exécutif, les transferts massifs de compétences de l'Etat vers les collectivités décidés allocation personnalisée d'autonomie (APA) sous Jospin, RMI et «acte II de la décentralisation» sous Raffarin rendent l'exercice particulièrement douloureux. Face à l'insuffisance des compensations financières, il faut trouver de nouvelles ressources pour équilibrer les budgets. L'emprunt et surtout la hausse des taux d'imposition sont les principaux leviers. Illustration dans le Bas-Rhin, dirigé par l'UMP Philippe Richert, et la Meurthe-et-Moselle du PS Michel Dinet.