
Hier, Éric BESSON, Secrétaire national du Parti socialiste à l’Économie et à l’Emploi a tenu un point presse sur le bilan économique de la droite depuis 2002. Je vous propose de lire un résumé de son intervention.
"Ce point presse vient 4 ans après l’élection du 5 mai 2002 où on promettait aux Français de libérer les énergies, de baisser les charges et les impôts, autant de thèmes martelés par les dirigeants de droite. Tout ceci devait favoriser une croissance à 3 % par an pendant 5 ans et permettre une croissance du pouvoir d’achat plus forte que sous le gouvernement JOSPIN.
Dès le collectif budgétaire de 2002, l’UMP naissante revendique d’être jugée sur ses résultats. Le discours dominant était le suivant : nous ne sommes pas des idéologues, nous sommes des pragmatiques et nous voulons être jugés sur nos résultats, c’est ce que nous faisons systématiquement depuis mai 2002.
Nous vous proposons une distance avec le discours dominant du Premier ministre et du ministre des Finances qui nous affirment que tout va bien, que le chômage recule, etc,…Il nous faut revenir à des chiffres incontestables et à des faits précis et aux vœux de l’UMP d’être jugé sur des résultats.
1°) Une croissance extrêmement molle ; quels que soient les éléments de comparaison que l’on prenne, la croissance est resté encore plus faible que sous la législature précédente. Le différentiel de croissance entre la France et la zone euro est important, et encore plus si on le compare aux États-Unis.
2°) Le déficit du commerce extérieur est à la fois croissant et lourd. La chance de ce gouvernement est le passage à l’euro, car le chiffre marque moins les esprits que s’il était
en franc. Mais avec 4,3 milliards de déficit en 2003, 10,4 en 2004 et 26,5 en 2005, on est
dans le record absolu jamais égalé de l’économie française.
3°) Les chiffres de l’emploi s’expliquent en partie en raison des emplois aidés, car la droite les a détruits sous FILLON et les a recréés sans les financer sous BORLOO. Nous disons que cela est dû au retournement démographique, aux radiations massives et au nombre de Rmistes. La droite prétend au contraire que même avec une croissance faible, le chômage est en forte diminution.
Prenons par exemple, les emplois marchands, qui sont le critère de référence de la droite : leur nombre a augmenté de 2 millions sous le gouvernement JOSPIN, pour atteindre 15,4 millions alors que leur nombre a à peine augmenté sous la législature actuelle.
Le quinquennat de Jacques CHIRAC n’a donc servi à rien. Lorsque la droite quittera le pouvoir en 2007, elle laissera au printemps 2007 un nombre de personnes actives, identique à celui qu’elle aura trouvé en mai 2002. Alors que nous étions engagés dans une forte réduction de chômage dans la période 97/02, contrairement à ce qui a été dit, ce quinquennat n’aura servi à rien. En matière de pouvoir d’achat, plus 3 % par an sous JOSPIN et seulement 0,6 % par an avec ce gouvernement. Ce chiffre masque de grandes disparités, car le pouvoir d’achat des catégories les plus aisées a fortement augmenté au moment ou celui des catégories les plus défavorisées s’est détérioré en raison notamment de l’augmentation des prix de l’énergie .
Sur le plan fiscal, il était question de ne pas taxer les fruits du travail, mais on s’aperçoit que les ménages les plus aisés sont ceux qui ont le mieux bénéficié de la réforme fiscale et que loin d’encourager le travail, l’UMP a favorisé la transmission et les successions. Enfin, l’ensemble des prélèvements obligatoires est en hausse. Si on compare avec 2002, ces prélèvements représentaient 43,1 % de la richesse nationale et aujourd’hui on atteint 44,3 % soit 1,2 % de plus, soit 20 milliards d’euros. La droite au pouvoir n’a pas fait baisser les impôts.
Les déficits publics ont été constamment supérieurs à 3 %. Ce qui est plus grave et plus inquiétant est que la dette publique a augmenté de façon vertigineuse. Alors qu’elle était à 55,8 % du PIB sous la législature précédente, on est aujourd’hui à 66,8 % en 2005, soit 8 points de richesse supplémentaire en 4 ans. Cette dette est devenue le 2ème poste budgétaire derrière l’Éducation nationale.
Dernier point : une accumulation de mesures non financées. On explique ce chiffre avec entre autres, la baisse de l’impôt sur le revenu ou la suppression de la taxe professionnelle et nombre de mesures non financées, à hauteur environ de 50 milliards sur 4 ans.
Conclusion
Cet échec est donc lourd, car il procède d’une erreur de diagnostic de la période précédente et une sorte d’aveuglement idéologique que la droite paie aujourd’hui. Absence de prévision et de stratégie claire, et pilotage macro-économique mal fait. Nous ne faisons pas partie de ce que le Premier ministre appelle les déclinologues, lesquels se trouvent au sein même de sa majorité, mais nous constatons que ceux qui se préoccupaient du déclin de la France sont ceux-là même qui ont entraîné le pays dans la situation que nous connaissons aujourd’hui.
La situation financière en héritage en 2007.
Quel que soit le vainqueur, il trouvera une situation financière très dégradée. Ce qui pésera sur la prochaine législature sera le chiffre de notre commerce extérieur. La dégradation de notre outil productif sera une donnée lourde pour les années à venir, ainsi que les charges de la dette et les mesures non financées. Les marges de manœuvre seront de ce fait extrêmement limitées, ce qui forcera le PS à être extrêmement rigoureux quant aux priorités à mettre en œuvre et qui ont été définies dans la motion de synthèse du Mans qui portent sur l’Emploi, le Logement et l’Éducation nationale.
Il faut remettre la France sur le chemin de la croissance et de l’emploi. La relance de 97 a été parfaitement maîtrisée. Mais du fait de la dégradation de notre appareil productif, il sera plus difficile de remettre en marche l’économie du pays."