Lundi 13 février 2006
La droite régionale fustige régulièrement les choix budgétaires du Conseil régional d'Ile-de-France. Je vous propose de lire ci-dessous un texte signé par Jean-Paul Planchou, le Président du groupe socialiste.
La droite régionale tente, à travers une communication agressive, d’effrayer les franciliens sur le soi-disant « matraquage fiscal » que commettrait la Région Ile-de-France ! la belle affaire ! Il suffit de regarder les grandes masses budgétaires pour réfuter l’argument.
La Région a certes l’ambition de réaliser ses engagements et de s’atteler aux attentes des Franciliens pour permettre à tous, une vie meilleure sur notre territoire.
Pour autant, les taux de fiscalité dénoncés sont sans commune mesure avec ceux qu’appliquait la droite dans les régions qu’elle dirigeait il y a deux ans, encore! Quelle étrange dichotomie entre pratique et discours ! Mais surtout, les impôts régionaux en Ile-de-France sont très sensiblement en deçà de la moyenne de ceux de toutes les autres Régions de France.
Ce budget, acte majeur de notre collectivité, pose les grandes orientations politiques et les chantiers pour l’année à venir : transports, logement, rénovation des lycées mais aussi développement économique, recherche et environnement. Il exprime une vision que les socialistes et leurs partenaires ont à cœur : la solidarité territoriale et sociale.
Ainsi, ce budget 2006 de 3,65 milliards d’euros, dont 2 milliards de dépenses en investissement, engendrera une augmentation de l’impôt foncier bâti de 8€ en moyennes par redevable, de 28€ en moyenne par PME, de 52€ pour une carte grise d’un véhicule de 4 CV, sachant que la fiscalité régionale n'est prélevée que sur 3 catégories de contribuables : les entreprises, les propriétaires de logements et ceux qui achètent une voiture. Parallèlement, ce budget poursuit le désendettement de notre collectivité.
Lorsque Monsieur Karoutchi annonce, tonitruant, des dépenses de fonctionnement en hausse, il omet d’évoquer les très coûteux transferts de charges liées à la décentralisation voulue par son gouvernement : transfert des formations sanitaires et sociales, de 8500 personnels des lycées (TOS), etc,… augmentent fortement les dépenses de fonctionnement de notre collectivité.
La réalité, c’est que la droite n’a voulu de la décentralisation que tant qu’elle permettait à l’Etat de transférer ses charges et de se désengager sur le dos des collectivités locales. Une fois l’opération réalisée, sa volonté est de corseter les dépenses, d’étouffer notre autonomie fiscale, de verrouiller nos marges d’action pour toute politique nouvelle.
En outre, la Région Ile-de-France hérite de la responsabilité des transports régionaux sans obtenir la compensation financière correspondant à ce très lourd transfert. Et donc, la Région est conduite à voter des crédits qui font du budget des Transports le premier budget régional, afin de programmer d’indispensables projets d'amélioration de la qualité de service, de modernisation des infrastructures et du matériel roulant car pour l’Exécutif francilien, c’est une priorité absolue et une mesure d’égalité territoriale. La Région avance même les financements nécessaires aux surcoûts. En effet, l’Etat, encore une fois, ne suit pas, ne répond pas !
Selon la lettre d’information de Monsieur Karoutchi, Président du Groupe UMP au Conseil Régional, nous apprenons que la formation et l’apprentissage seraient en baisse ! Cette remarque est très curieuse dans la mesure où nos efforts budgétaires se concentrent justement cette année en priorité vers l’apprentissage, qui fait d’ailleurs l’objet d’un plan quinquennal dans le cadre du contrat d’Objectif et de Moyens sur l’amélioration de l’apprentissage en Ile-de-France, signé en décembre dernier entre l’Etat et la Région, et qui prévoit un effort budgétaire sans précédent de 240 millions d’euros sur la période 2006-2010.
En outre, je suis surpris de constater la posture de la droite quant à l’activité économique et à l’emploi dans notre Région. En effet, lors de la séance plénière des 14 et 15 décembre dernier, l’UMP régionale a voté contre notre délibération qui accorde une prime régionale pour l’accès à la création d’entreprise par les demandeurs d’emploi.
De même, jamais les aides directes aux entreprises – hors recherche et innovation – n’auront été si élevées : 22 millions d’euros en 2006 pour encourager la création et consolider le développement des petites et moyennes entreprises en Ile-de-France. Cette politique se traduit notamment par des abondements importants (16 millions d’euros) au Fonds Régional d’Investissement pour l’Emploi et le Développement Economique réunissant les principaux apporteurs financiers franciliens (Caisse des Dépôts, OSEO Sofaris…)
En outre, ce budget fait un effort particulier sur les pôles de compétitivité reconnus unanimement comme des clés de la croissance et des emplois de demain….
Je rappelle que l’emploi n’est pas une compétence régionale… mais face à la situation en Ile-de-France, l’Exécutif régional, une fois encore, assume ses responsabilités. C’est le cas avec ce budget qui permettra de lancer un nouveau plan de rénovation des lycées (163), de lancer 11 chantiers de transports en commun, ou encore de parvenir à un niveau jamais atteint de constructions et de réhabilitations de logements sociaux. Et la droite ose nous reprocher de demander 8 € supplémentaire en moyenne, et pour l’année, à un propriétaire foncier tandis qu’au niveau national, elle ne se prive pas de baisser les impôts, des plus riches ! Voilà bien, en effet, deux conceptions bien différentes de la gestion de la dépense publique ! Deux visions du rôle de la Région, deux visions de la solidarité territoriale et sociale en Ile-de-France !
par Didier Arnal
publié dans :
Actualité du Conseil général du Val d'Oise
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