Mercredi 10 octobre 2007
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Dans le cadre des forums de la rénovation, voici quelques réflexions, notamment sur l’avenir de la solidarité dans une société individualisée


Quels sont les nouveaux défis ? Ils ont souvent été décrits et analysés comme la conséquence directe de ce que l’on appelle aujourd’hui la "crise de la société salariale"( Castel 1995). Le compromis de l’après guerre qui avait permis de faire reculer l’assistance et de concilier     efficacité économique et solidarité sociale a été ébranlé par "la nouvelle question sociale".


Le chômage, mais aussi l’instabilité des emplois, la mondialisation, l’allongement de l’espérance de vie ont remis en question les équilibres antérieurs. La protection sociale est devenue très inégale selon les salariés, et les moins qualifiés sont aujourd’hui les moins protégés. Comment concevoir la solidarité dans un monde économique qui refoule les plus vulnérables dans l’inactivité ou la précarité institutionnalisée? Ce processus a conduit à une augmentation considérable de la population des "assistés" et de ce que l’on appelle "les dépenses de solidarités".


Alors que la notion de solidarité a porté historiquement le grand mouvement de protection sociale dans le sens de l’universalisation des droits, elle ne semble aujourd’hui destinée qu’à entretenir la bonne conscience de nos sociétés à l’égard de leurs pauvres.


Il convient également de prendre en compte les inégalités entre générations. Ces inégalités criantes expliquent en grande partie le puissant mouvement social qui s’est développé en 2006 contre le CPE. La précarité devenant le destin de beaucoup de jeunes , toute mesure qui vise à réduire la protection salariale de cette frange de la population est ainsi susceptible d’être rejetée avant même d’être appliquée. Les inégalités entre elles sont devenues telles que l’on en revient à relire les beaux discours de Léon Bourgeois en ayant le sentiment qu’à l’élan de solidarité qui a entraîné les républicains dans un mouvement de réformes sociales à la fin du XIXe et au début du Xxe siècle, a succédé un siècle plus tard une force contraire poussant les différentes générations dans une spirale de tensions qui bloque gravement notre société.


Comment ne pas parler des inégalités homme-femme, des formes de discrimination à l’égard des immigrés et des Français d’origines étrangères, ainsi que les processus de ségrégation urbaine et scolaire Ces questions constituent de nouveaux fronts pour toute nouvelle politique sociale et rejaillissent lorsque que l’on aborde la question des solidarités familiales. Comment repenser la solidarité dans une société post-coloniale où le racisme, loin de disparaître est à la fois l’expression d’un doute sur les capacités de la nation à intégrer les populations immigrées et les tensions de plus en plus manifestes entre les différentes composantes de celle-ci ?


Il convient de s’interroger sur l’écart entre les principes éthiques de solidarité auxquels les individus restent attachés et les conditions réelles d’application de ces principes. Repenser la solidarité revient alors à faire l’inventaire des transformations de la question sociale et à rechercher les moyens de rapprocher le plus possible les conditions dans lesquelles se développe aujourd’hui la vie sociale des principes éthiques de solidarité auxquels les français sont attachés.

A la nouvelle question sociale, le plus souvent appréhendée à partir des transformations du marché de l’emploi et du chômage de masse, sont venues se greffer de nouvelles questions : inégalités entre sexe, inégalités entre générations entre nationaux ou pas.

La nouvelle question sociale doit intégrer dans notre approche et réflexion une nouvelle question urbaine, une nouvelle question familiale, une nouvelle question scolaire et même comme certains l’envisagent ,une nouvelle « question raciale ».


Nos débats doivent apporter des réponses pour permettre aux principes de solidarité d’être en harmonie avec les réalités contemporaines de notre société. Nous devons également démontrer et rappeler à chacun, et en particulier à ceux qui nous gouvernent, les risques majeurs que nous pourrions encourir en considérant l’idée de solidarité comme une notion dépassée.

par Didier Arnal publié dans : Au jour le jour...
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C.V

Je suis né le 8 sept. 1961 à Riom-ès-Montagnes dans le Cantal
Marié, deux enfants
Titulaire d'un DESS économie-finances

Membre du Parti Socialiste depuis 1979

Membre de l'institut Pierre Mendès France

Mandat en cours :

Président du Conseil général du Val d'Oise
Conseiller général
Sarcelles Sud-Ouest

Anciens mandats :
Député du Val d'Oise
Maire-adjoint de Sarcelles chargé des finances
et du personnel de 1995 à 2002
Vice-pdt de Val de France de 1996 à 2002
 

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