Cette proposition dit trois choses, qui toutes les trois doivent susciter l’opposition des humanistes et des républicains.
Le texte dit, entre les lignes, que les immigrés sont des fraudeurs. Il faut rappeler (on l’oublie souvent) qu’il s’agit ici de la venue en France de familles et d’enfants d’immigrés en situation
régulière sur notre territoire ! On donne donc à entendre que ces immigrés qui ont des papiers, qui travaillent, se chargent volontiers de femmes et d’enfants qui ne sont pas les
leurs avec la seule vocation de gruger l’Etat français.
Le texte dit ensuite, sur le fond, que la filiation, pour ces gens là, ne peut être prise en compte que si elle est biologique. Et que toutes les formes de filiation qui nous adviennent à nous
tous les jours, familles recomposées, adoptions de droit ou de fait, ne sont pas un droit de l’homme, mais un droit de l’homme développé.
Chez nous, on comprend que la filiation est affective, chez eux il convient qu’elle soit biologique.
Le texte dit enfin que pour la régulation sociale, l’analyse génétique sera désormais un recours légal, une pratique régulière et admise, au lieu d’être cantonnée et tenue en lisière. Ces trois
affirmations ne sont pas du « détail ». Il est de l’honneur de notre pays et de son Conseil constitutionnel de dire que ce texte n’est pas conforme aux valeurs républicaines,
philosophiques et spirituelles de la France.